Un fournisseur de matériaux, quant à lui, vend ou livre des produits destinés à l’ouvrage, mais n’intervient ni dans leur conception, ni dans leur mise en œuvre sur le chantier. Il est donc, par principe, extérieur à la maîtrise d’œuvre. La simple livraison de matériaux ou d’équipements, même essentiels, ne suffit pas à conférer au fournisseur la qualité de maître d’œuvre.
En l’absence de participation à la conception, à l’organisation ou au suivi du chantier, le fournisseur ne peut pas être assimilé à un constructeur ou à un maître d’œuvre au sens de la loi Spinetta (loi n° 78-12 du 4 janvier 1978).
Toutefois, la qualification dépend toujours des faits concrets. Si le fournisseur intervient au-delà de la simple livraison — par exemple, en réalisant une étude technique sur mesure, en intégrant les matériaux dans un système constructif global ou en participant activement au choix et à l’adaptation des produits à l’ouvrage — il pourrait être requalifié en prestataire assimilable à un maître d’œuvre ou à un constructeur.
Dans ce cas, il s’expose à des obligations légales plus lourdes, notamment la responsabilité décennale s’il est considéré comme ayant participé à la conception ou à la mise en œuvre.
Un fournisseur de matériaux ne peut être considéré comme maître d’œuvre que s’il dépasse son rôle de simple vendeur et s’implique dans la conception ou le suivi du chantier. La qualification dépend donc de son degré d’intervention dans l’acte de construire.